L'innovation en action

Alors que le premier tour de l’élection présidentielle approche à grand pas en France, les onze candidats affinent leurs programmes. Si les thématiques autour de la relance de l’économie, le pouvoir d’achat ou encore la pression fiscale sont au cœur des débats, les politiques en matière d’innovation restent toutefois présentes dans les programmes. Tour de table des propositions.

Dans moins d’un mois, les Français vont devoir choisir un nouveau Président de la République pour succéder à François Hollande. Ils sont officiellement onze à briguer ce mandat et les affrontements ne manquent pas pour dénoncer les programmes sociaux et les relances économiques des adversaires. Pourtant, il est un domaine qui reste relativement absent des débats, il s’agit de l’innovation. Que ce soit durant la campagne ou au sein des programmes, celle-ci reste pourtant même bien présente, sous différente forme.

Pour connaître les intentions des candidats en matière d’innovation, le collectif « Innovation 2017 », qui rassemble plus d’une quinzaine d’organismes dédiés à l’innovation (Associations, Business Angels) ont envoyé un questionnaire à chaque candidat sur cette thématique. Sept questions pour connaître les engagements sur les thèmes fondamentaux de la politique d’innovation : emploi, stimulation de l’entreprenariat, renforcement du financement, formation, recherches & développement , etc.

Alors candidat à la primaire de la droite et du centre, François Fillon avait été l’un des premiers à répondre à ce questionnaire. Avec une proposition forte : faire confiance à l’entrepreneur pour développer une activité économique. Pour cela, le candidat républicain propose une approche globale de New Dial entrepreneurial pour les PME et ETI qui doit faciliter leurs financements et réduire leurs contraintes. Plus globalement l’objectif de l’ancien Premier Ministre est de créer un écosystème favorable grâce à un changement de culture en faveur de l’entrepreneuriat. Cela passera par des mesures fiscales (suppression de l’ISF, réorientation des taux d’épargne) mais aussi la promotion du financement participatif.

Autre candidat ayant fait le parallèle entre innovation et entrepreneuriat, Emmanuel Macron souhaite s’appuyer sur l’Europe pour transformer l’innovation en gains de productivité et de compétitivité. En effet, le candidat d’En Marche propose la création d’un marché européen unique du numérique. Là encore, la simplification des normes est un enjeu majeur de développement de l’innovation avec la mise en place d’un site unique pour se conformer facilement à l’ensemble des règles, la numérisation totale de l’Administration ou encore la suppression de la caisse qui gère le RSI. Enfin en matière fiscale, l’ancien ministre de l’Économie s’engage à ne pas modifier plus d’une fois un même impôt sur la période du quinquennat pour une meilleure lisibilité.

Du côté de Benoit Hamon le collectif Innovation 2017 n’avait pas relevé de mention explicite du mot innovation au sein de son programme au cours de la primaire. Mais cette dernière ne présente pas un objectif uniquement économique. Ainsi durant cette campagne, le candidat socialiste a montré son esprit d’innovation en mettant un forum des idées ainsi qu’un conseil des citoyens pour améliorer et enrichir son programme. Aussi, l’ancien ministre de l’Éducation propose de garantir un droit à l’innovation pédagogique et de mettre le numérique au cœur de son quinquennat. Enfin, l’ancien député frondeur souhaite soutenir la recherche en lui dédiant 3 % du Produit Intérieur Brut (PIB).

Chez Marine Le Pen, innovation rime avec sauvegarde des talents français. La Présidente du Front National souhaite ainsi mettre en avant les entreprises françaises avec la création d’un capital-risque français et la mise en place d’un impôt sur les sociétés favorisant l’investissement. La candidate frontiste souhaite également faire assumer au secteur bancaire et assurantielle une part de l’effort en matière d’innovation. A ce titre, elle propose que les assureurs-vie aient l’obligation de placer 2 % de leurs actifs en capital-risque et d’empêcher les « cautions personnelles abusives » de la part des banques. Enfin, comme Benoit Hamon et une très grande majorité, la candidate souhaite porter la part des dépenses publiques en Recherche & Développement pour le porter à 1 % du PIB.

Enfin chez les autres candidats, l’innovation est bien évidemment énumérée. Jean-Luc Mélenchon s’est distingué avec son désormais célèbre hologramme et souhaite que l’innovation se trouve dans les filières d’avenir que sont les énergies renouvelables, via la transition écologique, l’évolution du système agricole ainsi que l’économie de la mer. L’outil fiscal est aussi utilisé par plusieurs candidats pour relancer les entreprises et leurs capacités d’innovation. A ce titre, Nicolas Dupont-Aignan propose par exemple une baisse ciblée des charges et des impôts de 40 milliards d’euros sur les entrepreneurs et faciliter la transmission des entreprises.

Tweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on Google+0Share on LinkedIn0
Author :
Print

Leave a Reply