L'innovation en action

Avec l’augmentation de la population mondiale et le développement des pays émergents, la consommation d’énergie devrait croitre de 70% durant la décennie 2010. Face à cette hausse, et par souci de ralentir le changement climatique, il est nécessaire de rechercher de nouveaux moyens de production énergétique. En la matière, la France a su prendre le tournant, et propose un ensemble de solutions innovantes.

Des innovations françaises pluridisciplinaires

Le secteur de l’énergie – qu’on a cru figé pendant des années – subit une profonde transformation. Les acteurs techniques, économiques, politiques et réglementaires sont tous au cœur de la redéfinition du paysage énergétique. En matière d’innovation en général, la France n’a rien à envier à ses voisins : on retrouvait 4 noms français dans le Top 25 international des structures les plus innovantes du classement de Reuters et Clarivate (2014). Dans le secteur de l’énergie, l’Hexagone a aussi su se faire une place de choix, avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) classé 2e établissement le plus innovant au monde. Bien consciente de l’importance de paver la voie pour les sources d’énergies de demain, la France investit 4,5 milliards d’euros dans ses laboratoires tous les ans. Le pays se place ainsi au troisième rang mondial en matière de recherche énergétique – devant l’Allemagne ou la Chine.

Un des fleurons nationaux est la recherche en matière d’innovation photovoltaïque. Une constellation d’une soixantaine de start-up et de PME gravite ainsi autour de l’Institut national de l’énergie solaire (Ines) installé près de Chambéry. De plus, le Français Photowatt, sauvé de la faillite par EDF en 2012, produit déjà des cellules photovoltaïques à haut rendement (elles peuvent convertir en électricité 19 à 22% des photons émis par le soleil). La mise en production de ses modèles a commencé fin 2013 à Bourgouin-Jallieu, dans l’Isère. En outre, les technologies françaises s’exportent. Les groupes franciliens Cnim et Bertin Technologies ou les sociétés perpignanaises Tecsol et Sunergie ont déjà commencé à s’implanter dans les pays du Sud où l’ensoleillement permet un rendement très élevé (Afrique saharienne, Moyen-Orient, Australie, etc.).

Les chercheurs de l’Institut National de la Recherche Agronomique (Inra) et de L’Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (Ifremer) ont réalisé des progrès considérables en matière de recherches sur les micro-algues, cherchant à produire du pétrole à partir de ces organismes aquatiques. Si les connaissances actuelles ne permettent pas encore d’industrialiser les procédés et de mettre au point une vraie filière de production, cela devrait être le cas dans moins de dix ans selon les pronostics. Aussi, une ¬alliance d’établissements publics, d’entreprises et de pôles de compétitivité, baptisée GreenStars, s’est lancée dans l’activité. Ses installations pourraient être alimentées par du CO2 récupéré sur des cheminées d’usine. Une installation de ce type, baptisée Vasco, près de Fos-sur-Mer, pourra, dans quelques semaines, absorber le CO2 rejeté par les aciéries d’ArcelorMittal et la cimenterie Lafarge.

L’innovation passe par les start-up de demain

EDF n’est pas en reste. Outre ses propres recherches, le groupe s’est largement investi dans l’innovation énergétique en capitalisant sur l’avenir de start-up innovantes. Il agit dans le secteur par le biais de concours, à l’image du Prix EDF Pulse, qui depuis 2014 subventionne les start-up les plus innovantes tant françaises que européennes. Cette démarche novatrice permet de repérer les projets prometteurs, et leur donne la possibilité de tester en grandeur nature leurs expérimentations – et au public d’interagir avec les équipes de développement. Les start-up finalistes du prix voient ensuite leurs innovations promues durant le salon VivaTech (voir-ci-dessous). De même, le fonds d’investissement Electranova Capital, fonds de capital croissance géré par Idinvest Partners en partenariat avec EDF, a pour objectif de soutenir les start-up du secteur des énergies nouvelles et des technologies de l’environnement.

Ce développement se fait aussi par le biais de l’open-innovation – soit l’organisation de modes d’innovation collaboratifs au sein desquels grands groupes et start-up travaillent main dans la main, les premiers profitant de la souplesse et de l’inventivité des secondes, qui bénéficient quant à elles d’une expérience et de moyens accrus. Un partage de savoir et de savoir-faire, s’appuyant sur l’idée que le challenge énergétique est mondial, d’où la nécessité d’un brainstorming impliquant tous les acteurs. « Le défi ce n’est pas start-up, mais scale up ! » avait annoncé Emmanuel Macron, en septembre 2016, lors du forum VivaTech – un des grands rendez-vous de ce type coorganisé par Publicis et Les Echos. Des initiatives similaires ont été lancées par des groupes comme ENGIE, avec sa plateforme de collaboration Open Innov, ou AREVA, avec son système d’appels à innovation INNOVATION PME.

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