L'innovation en action

Le 6 octobre, François Hollande s’est rendu au Havre afin d’inaugurer le Bougainville, plus grand porte-conteneurs sous pavillon français. Ce fut l’occasion pour le président de la République de rappeler les engagements du pays en matière de modernisation de la filière maritime française. Une filière qui, à l’heure de la transition énergétique, pousse les villes portuaires à davantage d’intelligence et préfigure un modèle de « smart port city » qui devrait bientôt se généraliser à travers le monde.

Un moyen pour lutter contre la concurrence

Porte d’entrée de la mondialisation, les ports se trouvent au cœur des échanges européens et internationaux de marchandises, d’énergie, de personnes, etc. Les villes portuaires font bien souvent figure de poumon de l’activité économique mondiale et les garder propres, en bonne santé donc en état de marche est un moyen efficace de préserver, voire dynamiser la croissance de nos économies.

Épicentre d’une espace globalisé, les ports sont donc soumis à une importante concurrence et doivent redoubler d’innovation pour asseoir leur place sur un marché difficile. Afin de parvenir à être compétitif, les zones industrialo-portuaires s’inscrivent de plus en plus dans une démarche de « smart port city ». Il s’agit de rendre les ports intelligents en facilitant l’échange d’informations et en favorisant la fluidité dans l’ensemble des interactions ayant lieu entre les différents acteurs de la vie portuaire.

C’est le cas notamment au Havre, où la ville a entamé une réelle mutation intelligente et mis en place le « rendez-vous des transporteurs ». Le HAROPA-Port entend généraliser le système de rendez-vous routiers aux terminaux des conteneurs et limiter ainsi le temps d’attente des transporteurs routiers grâce à un logiciel permettant de planifier et de faciliter les rendez-vous via une plateforme informatique communautaire.

Pour Yann Alix, Délégué Général de la Fondation SEFACIL, une organisation qui promeut la recherche et les projets pédagogiques innovants dans le domaine de la logistique internationale, l’idée première de cette fluidité est de rendre les villes portuaires plus compétitives en traitant la marchandise plus rapidement. « Dans une ville intelligente, dans un port intelligent, la marchandise devient fluide dans une chaine de valeurs et de services », explique-t-il.

Mais selon lui, cette fluidité doit être renchérie par la mise en place de systèmes qui vont permettre de créer « une communauté qui travaille de concert pour optimiser cette fluidité par l’intelligence et l’échange de l’information. »

Les smart grids comme fil conducteur

Cette intelligence, la France la plébiscite chaque jour davantage et espère pouvoir la généraliser à l’ensemble de ses villes dans les années à venir. Alors que le pays vient de promulguer sa loi de transition énergétique, les « smart cities » brillent par leur innovation et font des émules sur tout le territoire.

Afin de faire face à la « mutation verte » qui agite notre société, les villes portuaires doivent trouver un moyen de se renouveler pour parvenir à s’inscrire dans un cadre responsable, répondant à la fois à des problématiques environnementales et économiques.

« Pour se développer, le port doit donc adopter un nouveau modèle plus durable. Économie circulaire, acceptabilité sociale et intégration de technologies de rupture comme les solutions de captage et de stockage carbone », assure George Wurpel, Conseiller au Port de Rotterdam.

Pour définir leur stratégie, les villes portuaires n’hésitent pas à intégrer dans leur plan d’actions le concept des « smart grids ». Ces réseaux intelligents, interconnectés, comme un maillage des différents acteurs d’un monde digitalisé, permettent une circulation de l’information qui va nous donner la possibilité de mieux nous connaître, de mieux identifier nos habitudes de consommation et surtout, de mieux interagir les uns avec les autres. Certaines villes françaises ont déjà pris de l’avance et se revendiquent «smart city », à l’image de Montpellier ou de Nantes.

Ces ambitions s’appliquent aussi bien au domaine de l’énergie qu’à celui du transport maritime, les deux étant d’ailleurs liés. Les villes portuaires l’ont donc bien compris et c’est ainsi qu’elles souhaitent désormais appliquer leur nouvelle ligne de conduite, plus intelligente, en s’appuyant sur le modèle « smart grids », où l’innovation et l’information se mettent au service de l’environnement.

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